La si bien cachée

Une graine de grenade par ci, une graine de grenade par là, et l’enfance germa telle une chevelure sans fin ni commencement, ondoya le long des alvéoles tendues-roulées en un éblouissant éboulis. Les songes lisses s’y glissent, tout doucement, à l’orée des mots.


Les cils débordèrent de reconnaissance le bord soyeux des paupières ; et la courbe des sourcils, si docile, plongea dans la vague des lèvres. Les mots ne purent résister. D’émoi, ils se levèrent, tissèrent les corps et les parèrent. Les visages se devinèrent. Cela fit tangage et langage, et les enfances voguèrent et divaguèrent.


Les doigts se touchèrent, les courbes s’esquissèrent se gonflèrent se brisèrent et se croisèrent. Les mots grandirent de leurs lignes et prirent des couleurs.


Ainsi va la vie, sans rime ni raison, murmurant les saisons aux bras des arbres où viendront s’accrocher les enfants et les attentes tant changeantes de tous les attendants.


Les mots hors d’haleine et les douleurs jetées sans peine. Tatouages sans amarrages, au flanc du labyrinthe.

 

Ibticem Mostfa in Labiles Labyrinthes éditions de la librairie du Labyrinthe

Ajouter un commentaire

Les champs suivis d'un * sont obligatoires

Le code HTML est affiché comme du texte et les adresses web sont automatiquement transformées.

Ajouter un rétrolien

URL de rétrolien : https://blaireau-vnr.fr/dotclear/index.php?trackback/14

Haut de page